Lettre de rentrée 2026
Père, Chère Sœur, Cher Frère, Madame, Monsieur, Chers membres des communautés éducatives,
Au moment où la rentrée scolaire s’inscrit de façon plus pressante dans les agendas, mes pensées vont vers vous qui vous apprêtez à retrouver vos établissements, vos collègues, vos élèves et leurs familles.
J’espère que ces congés estivaux vous auront permis de vous ressourcer et de vous reposer en profitant d’un temps libre si précieux, en dépit des dérèglements caniculaires inquiétants.
Je commencerai cette lettre de rentrée par une anecdote plus sensible qu’il n’y parait.
Lors du dernier épisode électoral des municipales, un édile breton était interrogé par la presse nationale sur la considération qu’il portait à notre réseau de l’Enseignement catholique, jugée par certains de ses concurrents comme trop favorable, dans le contexte polémique récent dans lequel s’inscrivent des opposants à notre existence même. Il exprimait la vision suivante : « C’est une chance d’avoir le choix entre privé et public. Aujourd’hui, le côté catholique du privé est d’ailleurs moins prégnant. Pour les familles, cela revient un peu à choisir entre Leclerc ou Intermarché ».
Si la comparaison peut prêter à sourire, elle nous invite néanmoins à pousser l’interprétation ; d’un côté, notre réseau, comparé à un supermarché, laisse entrevoir l’évidence de notre présence dans l’écosystème éducatif breton, comme un service de proximité équivalent à l’école publique dans son maillage, son accessibilité, sa diversité et sa légitimité. Pourtant, cette comparaison doit nous inquiéter par l’alignement qu’elle induit et le matérialisme qu’elle promeut. Si l’Enseignement catholique d’aujourd’hui est comparable à un supermarché de l’éducation, équivalent à d’autres prestataires, sans plus de proposition que des rayonnages sur lesquels on trouve des produits à acheter, alors nous ne répondons plus à la mission qui nous a été confiée et notre raison d’être même s’en trouve profondément interrogée.
Nos orientations diocésaines mettent en valeur la force de notre unité à travers la capacité d’innovation, les appuis anthropologiques, la puissance du projet chrétien d’éducation, l’engagement de tous, au service du bien être à l’école.
Les orientations actuelles datent de 2020 et le temps est venu de réinterroger notre identité, nos propositions et les moyens que nous souhaitons nous donner pour les mettre en œuvre afin d’écrire une nouvelle page de notre histoire. Cette année scolaire sera donc dédiée au recueil de ces données dans une consultation qui réunira les 11 pays de l’EC 35 à trois reprises, via les chefs d’établissement.
Ainsi, nous identifierons un SOCLE, celui de notre identité, une VISÉE, celle de nos ambitions, une MISE EN ŒUVRE, c’est à dire l’opérationnalité de nos projets dans le respect des priorités statutaires de l’Enseignement catholique.
Ces orientations EC35 2035 deviendront la feuille de route qui donne sens et épaisseur à notre action pour les années à venir et serviront de boussole pour l’action diocésaine. Nos projets éducatifs spécifiques d’établissement, enracinés dans le Christ, pourront alors être relus, réactualisés ou réécrits à la lumière du cap commun, dans le respect des spécificités locales qui font la richesse de notre réseau.
Nous avons l’occasion de redire l’importance de notre action éducative au service de la société, dans un contexte de déficit de sens, d’appauvrissement spirituel, de perte d’espérance, d’angoisse existentielle.
C’est la promesse que nous faisons aux enfants et aux jeunes, ainsi qu’à leur famille, que nous accueillons dans nos établissements : espérance, confiance, engagement, convictions :

C’est le thème 2026/2027 que chacun est invité à déployer dans son action éducative, quelle que soit sa fonction ou son engagement bénévole.
« Nous sommes des hommes et des femmes qui marchons vers une promesse, vers une rencontre, vers quelque chose — une terre, dit Dieu à Abraham — que nous devons recevoir en héritage.
Abraham ne construit pas une maison : il plante une tente, parce qu’il sait qu’il est en chemin, une attitude qui nous rappelle que « le chrétien immobile n’est pas un véritable chrétien : le chemin commence tous les jours, le matin ; le chemin de se confier à Dieu, le chemin ouvert aux surprises du Seigneur, ouvert, parce que je sais que tu me conduiras dans un lieu sûr, dans une terre que tu as préparée pour moi ». Pape François, 2017
Cette promesse, elle est aussi celle du Saint Père, notre pape Léon XIV, qui vient à notre rencontre en ce début d’année scolaire, celle de ces milliers de baptisés et de confirmés qui nous redisent leur aspiration à la transcendance et leur appartenance à l’Église de Dieu, la fidélité de milliers de familles qui nous font confiance pour assurer auprès de leurs enfants notre triple mission d’instruction, d’éducation et d’élévation par l’évangélisation.
La philosophie nous rappelle cependant la responsabilité qu’induit une promesse :
« Promettre, c’est exprimer l’intention de faire, pour autrui, une certaine action dans un futur plus ou moins proche. De plus, la promesse a ceci de particulier que, lorsqu’un individu promet, celui-ci génère également l’obligation pour lui de se tenir à sa parole. Lorsqu’un individu promet, celui-ci s’engage envers autrui en lui donnant sa parole, se rendant ainsi responsable de celle-ci, ainsi qu’envers celui ou celle à qui il a promis. Lorsqu’un individu promet, celui-ci choisit en effet de donner sa parole. Cette parole est donnée à un autre, envers qui il se positionne donc comme être responsable ». C. BERSET
Cette promesse, elle s’épanouit aussi au profit des plus fragiles, quand nous portons l’ambition d’un grande réunion régionale bretonne le 07 octobre prochain afin de transformer l’école pour la rendre universelle, dans une volonté de renforcer l’accueil de tous et de faire évoluer nos pratiques au service de tous les élèves.
Cette promesse, elle se concrétise quand nous faisons face à nos responsabilités et ouvrons une cellule d’écoute et d’accueil de la parole pour les personnes qui se présentent comme victimes d’abus dans l’Enseignement catholique.
Cette promesse, elle s’incarne aussi dans le soutien de l’Enseignement catholique breton à la persistance d’un système de prévoyance favorable aux enseignants du réseau privé, dans le cadre d’une réflexion élargie sur le sens de l’engagement libre des personnels au service d’un projet chrétien d’éducation.
Cette promesse, elle s’inscrit encore dans la démarche qu’entreprend l’Enseignement catholique national en ouvrant le chantier de la qualité de la relation éducative.
« Eduquer est un acte d’espérance et une passion qui se renouvelle parce qu’elle manifeste la promesse que nous voyons dans l’avenir de l’humanité (…) c’est un « métier de promesses » : on promet du temps, de la confiance, de la compétence. »
Dessiner de nouvelles cartes de l’espérance -Lettre apostolique du pape Léon XIV –27 octobre 2025 (3.2)
« Dans cette perspective, la Doctrine sociale de l’Église prône une responsabilité partagée. Elle demande que ces processus soient conduits avec clairvoyance : par des institutions capables de réguler sans étouffer et de protéger sans se substituer ; par des entreprises qui reconnaissent dans le travail et la dignité un critère de réussite ; par des corps intermédiaires et des communautés éducatives qui rétablissent la confiance et les liens ; par des citoyens qui cultivent la responsabilité, la sobriété, le discernement et le sens de la vérité. Ce n’est qu’ainsi que l’innovation pourra véritablement devenir un développement humain intégral et non un facteur d’exclusion et de domination ; et ce n’est qu’ainsi que la promesse du progrès pourra être reconnue comme vraie, car mesurée à l’aune de la dignité inviolable de chaque homme et de chaque femme. »
Encyclique « Magnifica Humanitas » 181, Pape Léon XIV
Bien plus qu’une enseigne de supermarché, l’Enseignement catholique est alors véritablement « promesse d’avenir ».
La direction diocésaine s’inscrit bien évidemment par essence dans cette dynamique d’engagement et de dévouement, tout particulièrement dans la dimension de service qu’elle incarne, avec notre prêtre référent, tous mes collaborateurs et les bénévoles engagés. Avec les chefs d’établissement, nous formons une ressource pour les communautés, dans le cadre de nos missions, au service des vôtres.
Je vous souhaite une bonne rentrée 2026 et vous demande de bien vouloir prier pour la pleine réussite de notre mission au service de notre Enseignement catholique d’Ille-et-Vilaine.

Publié le 31 août 2026
